Des solutions pour un climat intérieur sain
Nous passons près de 80 % de notre temps à l’intérieur des bâtiments sans nécessairement ressentir le besoin de ventiler, pourtant l’air est généralement plus pollué à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Souvent négligée en rénovation en raison de son coût et de contraintes de mise en œuvre, la ventilation est considérée à tort comme une option.
Pourtant, elle apporte oxygène et air neuf, évacue l’air humide, les polluants et les odeurs, préservant ainsi la qualité de l’air intérieur. Elle est donc essentielle pour la santé des occupants et la salubrité du bâtiment.
Ce guide expose les principes de la ventilation, présente les différents systèmes, leurs possibilités d’application en rénovation et fait le point sur la norme applicable aux logements et sur les exigences des réglementations bruxelloises.

Pourquoi faut-il ventiler correctement son logement ?
Polluants intérieurs
Les polluants intérieurs sont multiples : moisissures, , émanations chimiques des matériaux et des peintures (comme les dont le formaldéhyde). Ils peuvent entraîner des problèmes de concentration, de la fatigue, des maux de têtes, des allergies, de l’asthme…
Sources d’humidité
Les sources d’humidité dans le logement sont également nombreuses : respiration, cuisson des repas, douches, séchage du linge, plantes vertes…
L’air intérieur a donc tendance à se charger en vapeur d’eau qui peut se condenser au contact de surfaces froides (simple vitrage, angle de murs, mur de façade peu épais ou non isolé, en particulier derrière les meubles où l’air circule moins bien).
Une humidité ambiante trop élevée et / ou la condensation provoquent à la longue la dégradation des matériaux et l’apparition de moisissures.

Condensation de vapeur d’eau sur la face intérieure d’un mur froid
- Vapeur
- Intérieur 20°
- Extérieur 5°
Points d’attention
Pour éviter les problèmes de condensation, il est important de ventiler le logement mais aussi de limiter la production de vapeur d’eau, de chauffer suffisamment les locaux et d’isoler les parois.
Comment conserver un air intérieur sain dans un logement isolé ?
Eléments indissociables : isolation, étanchéité et ventilation contrôlée
Pour atteindre des performances élevées en matière de confort thermique et d’économie d’énergie tout en conservant une bonne qualité de l’air intérieur, l’isolation d’un logement doit être combinée à une bonne étanchéité à l’air et à une ventilation contrôlée.
L’ désignent des mouvements d’air fortuits et incontrôlables (fuites d’air) à travers l’enveloppe d’un logement. Ces fuites n’assurent pas un renouvellement d’air correct (le renouvellement d’air peut être trop faible ou trop élevé).
Par opposition, la ventilation est la mise en mouvement volontaire et contrôlée de l’air, au moyen de dispositifs spécifiques. La ventilation est nécessaire pour assurer le renouvellement correct de l’air au sein d’un logement.
Une bonne de l’enveloppe du bâtiment permet à la ventilation de fonctionner de façon optimale en éliminant les fuites indésirables. Elle est également nécessaire pour assurer l’efficacité de l’isolation et prévient les problèmes de condensation interne dans les parois.

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Quels sont les différents type de mouvement d’air dans un local ?
Pour qu’il y ait un renouvellement de l’air dans un local, de l’air neuf doit y être amené et l’air vicié doit en être évacué. La force motrice qui permet à l’air de se mettre en mouvement peut être naturelle ou mécanique.
- Elle est mécanique lorsque l’air est mis en mouvement grâce à un ou plusieurs ventilateurs.
- Elle est naturelle lorsque l’air se met en mouvement naturellement par une différence de pression provoquée par l’action du vent ou par une différence de température.
Au sein d’un bâtiment, ce mouvement naturel de l’air (amenée et évacuation) est dit :

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- Mouvement d’air unilatéral
- Mouvement d’air transversal
- Mouvement d’air vertical
- Unilatéral : lorsqu’il est obtenu par une (ou des) ouverture(s) sur une seule façade.
- Transversal : lorsqu’il est obtenu par des ouvertures sur des façades différentes.
- Vertical : lorsqu’il est obtenu par une (ou des) ouverture(s) en façade et une évacuation verticale (cages d’escaliers, atriums, conduits…). On parle alors d’ « effet cheminée » .
Quelle efficacité ?
Le mouvement d’air unilatéral est le moins efficace mais possède l’avantage d’être applicable partout.
Le mouvement d’air transversal engendre de plus grands .
L’« effet cheminée » est le plus efficace, il garantit un mouvement d’air même en cas d’absence de vent.
Existe-t-il des exigences relatives à la ventilation des habitations à Bruxelles ?
La belge NBN D50-001 définit les exigences relatives à la ventilation des habitations. Elle distingue la ventilation hygiénique dite aussi ventilation de base, de l’aération des locaux, dite ventilation intensive.
- La ventilation hygiénique a pour but de garantir un climat intérieur sain constant via un dispositif permettant un renouvellement continu de l’air, même lorsque les fenêtres sont fermées.
- La ventilation intensive a pour but d’aérer momentanément les pièces par l’ouverture temporaire de portes et/ou de fenêtres. Elle permet un renouvellement important de l’air d’un local en cas de détérioration de sa qualité (surchauffe, pièce surpeuplée, odeurs de peinture…).
Ventilation hygiénique et ventilation intensive sont complémentaires.
La norme distingue le logement en tant que tel de ses espaces annexes (communs, garages, caves et greniers) pour lesquels elle prévoit d’autres dispositions qui ne sont pas abordées sur cette page
Enfin, la ventilation de certains locaux spécifiques comme, entre autres, les chaufferies et les ascenseurs, fait l’objet de normes distinctes1. Il en est de même pour la ventilation des bâtiments non-résidentiels2.
Attention : danger !
Les appareils à combustion non-étanches tels que les poêles, feux ouverts, chauffe-eaux et chaudières atmosphériques prennent directement l’ du local où ils sont installés.
Un système de ventilation mal conçu peut en perturber le bon fonctionnement et entraîner un refoulement des gaz brûlés dans le local. Une amenée d’air insuffisante augmente les risques de production de CO.
En présence d’un appareil à combustion non-étanche il est donc essentiel de veiller à respecter les normes spécifiques qui s’y rapportent.
Qu’est-ce que la ventilation hygiénique ?
Le principe consiste à :
- amener de l’air neuf dans les locaux secs (tels que séjour, salle à manger, chambre…) ;
- permettre un transfert de l’air depuis les locaux secs vers les locaux humides (tels que cuisine, salle de bain, wc…) ;
- évacuer l’air vicié des locaux humides vers l’extérieur.

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- Amenée
- Transfert
- Évacuation
Ventilation individuelle
Plutôt que de prévoir un flux depuis les locaux secs (amenée) vers les locaux humides (évacuation), il est possible d’étudier chaque local individuellement en prévoyant une amenée d’air neuf et une évacuation d’air vicié directement dans chaque local.
En rénovation, cela peut être justifié pour une pièce en particulier (pièce éloignée ou sujette à un problème de condensation par exemple).
Amenées, évacuations et ouvertures de transfert
- L’amenée et l’évacuation de l’air peuvent être réalisées de manière naturelle au moyen d’ouvertures dans des parois : les ouvertures d’alimentation (OAR) et d’évacuation naturelles réglables (OAR et OER).
Comme leur nom l’indique, elles doivent être réglables (manuellement ou automatiquement) en continu ou entre minimum 5 positions (de fermée à complétement ouverte). La position oscillo-battant d’un châssis n’est donc pas considérée comme une OAR, ni une OER. - L’amenée et l’évacuation de l’air peuvent aussi être réalisées de manière mécanique au moyen d’un ou plusieurs ventilateurs. Ces amenées et évacuations d’air mécaniques doivent fonctionner en continu mais il est possible d’en réguler les débits.
Lorsque l’air est amené mécaniquement, il peut être filtré et/ou préchauffé. Un système avec amenées et évacuations d’air mécaniques comporte généralement un échangeur de chaleur qui permet des économies d’énergie en préchauffant l’air entrant avec la chaleur de l’air sortant. - Le transfert de l’air se fait au moyen d’ouvertures ou de fentes entre deux espaces intérieurs : les ouvertures de transfert (OT). Elles doivent être permanentes et non-obstruables.
Hotte de cuisine
Une hotte de cuisine à extraction n’est pas un système de ventilation hygiénique selon la norme. C’est un dispositif de ventilation intensive qui fonctionne par intermittence.
L’installation ou la présence d’une hotte à extraction doit être prise en compte lors de la conception du système de ventilation du logement car elle peut dans certains cas interagir avec ce dernier si elle tourne à haut débit (au moins 250 m³/h).
Une hotte de cuisine à filtre ou à recyclage d’air n’impacte pas le système de ventilation.
Quels sont les différents systèmes de ventilation hygiénique ?
Quatre systèmes existent selon le type (naturel ou mécanique) des amenées et des évacuations d’air.
- Le système A (ventilation naturelle) : totalement naturel ;
- Le système B (ventilation par pulsion) : amenées d’air mécaniques et évacuations naturelles ;
- Le système C (ventilation par extraction) : amenées d’air naturelles et évacuations mécaniques ;
- Le système D (ventilation double-flux) : totalement mécanique.
Dans les systèmes B, C et D, la composante mécanique permet de mieux maîtriser les débits. On parle alors de ventilation mécanique contrôlée (VMC) et on distingue :
- Le système centralisé qui comporte un seul ventilateur (ou groupe de ventilation) pour l’ensemble du logement. Il permet en général une meilleure gestion des débits mais occasionne des travaux conséquents car il nécessite des conduits et une motorisation puissante et volumineuse.
- Le système décentralisé qui comporte plusieurs ventilateurs individuels au sein du logement. Ce système est utilisé en rénovation de par son encombrement limité et la possibilité de travailler par phases. Cependant il occasionne des nuisances acoustiques lorsque les ventilateurs sont placés dans les pièces de vie.

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Système A : ventilation naturelle
Le système consiste à prévoir :
- l’amenée naturelle d’air neuf dans les locaux secs via des grilles réglables en façade ou des aérateurs dans les châssis ou les vitrages (OAR) ;
- le transfert de l’air entre locaux sous les portes (détalonnage) ou via des grilles placées en partie basse des portes ou des murs (OT) ;
- l’évacuation naturelle en continu de l’air vicié des locaux humides au moyen de grilles d’extraction réglables, reliées à des conduits verticaux en toiture (OER). Cela permet un tirage naturel par une différence de pression de l’air (effet cheminée).

Avantages
- Sans consommation électrique
- Sans bruit de ventilateur
- Nécessite très peu d’entretien

Inconvénients
- Confort thermique moindre en hiver (car l’air neuf entre directement à température extérieure)
- Transmission des bruits extérieurs par les amenées et les évacuations d’air (limitée par l’utilisation de grilles et
aérateurs acoustiques) - Renouvellement optimal de l’air non garanti (car dépend du climat : température, pression de l’air, vent…)
- En rénovation, placement difficile des conduits verticaux permettant d’obtenir des débits conformes à la norme (encombrement et verticalité)
Système B : ventilation par pulsion
Le système consiste à prévoir :
- l’amenée mécanique d’air neuf en continu dans les locaux secs depuis la toiture ou les façades, au moyen d’un ou plusieurs ventilateurs ;
- le transfert de l’air entre locaux sous les portes (détalonnage) ou via des grilles placées en partie basse des portes ou des murs (OT) ;
- l’évacuation naturelle en continu de l’air vicié des locaux humides au moyen de grilles d’extraction réglables, reliées à des conduits verticaux en toiture (OER).

Avantages
- Filtrage possible de l’air entrant (utile quand l’environnement extérieur est pollué ou si les occupants sont sensibles)
Inconvénients
- Risque de condensation dans les parois (car les locaux sont placés en surpression), raison pour laquelle il est déconseillé dans nos climats
- Confort thermique moindre en hiver (car l’air neuf entre directement à température extérieure. Pour y remédier, un préchauffage de l’air est possible)
- Consommation électrique supplémentaire en cas de préchauffage de l’air entrant
- Débit d’extraction non garanti
- En rénovation, placement difficile des conduits verticaux permettant d’obtenir des débits conformes à la norme (encombrement et verticalité)
- Transmission des bruits extérieurs par les évacuations d’air
- Nuisances sonores du ventilateur dans le logement pour les systèmes décentralisés
Système C : ventilation par extraction
Le système consiste à prévoir :
- l’amenée naturelle d’air neuf dans les locaux secs via des grilles réglables en façade ou des aérateurs dans les châssis (OAR) ;
- le transfert de l’air entre locaux sous les portes (détalonnage) ou via des grilles placées en partie basse des portes ou des murs (OT) ;
- l’évacuation mécanique en continu de l’air vicié des locaux humides vers la toiture ou les façades au moyen d’un ou plusieurs ventilateurs.

Avantages
- Système décentralisé facilement applicable en rénovation en cas de remplacement de châssis
- Débit d’extraction optimal facilement garanti
- Évacue efficacement l’humidité

Inconvénients
- Confort thermique moindre en hiver (car l’air neuf entre directement à température extérieure)
- Transmission des bruits extérieurs par les amenées d’air (limitée par l’utilisation d’aérateurs acoustiques)
- Nuisances sonores du ventilateur dans le logement pour les systèmes décentralisés
- Débit d’alimentation non garanti

Système D : ventilation double-flux
Le système consiste à prévoir :
- l’amenée mécanique d’air neuf en continu dans les locaux secs depuis la toiture ou les façades, au moyen d’un ou plusieurs ventilateurs (l’air est préchauffé par la récupération de chaleur sur l’air extrait) ;
- le transfert de l’air entre locaux sous les portes (détalonnage) ou via des grilles placées en partie basse des portes ou des murs (OT) ;
- l’évacuation mécanique en continu de l’air vicié des locaux humides vers la toiture ou les façades, au moyen d’un ou plusieurs ventilateurs (en général après récupération de la chaleur).

Avantages
- Débits d’amenée et d’extraction d’air optimal facilement garantis
- Évacue efficacement l’humidité
- Offre un meilleur confort grâce à l’échangeur de chaleur qui permet de préchauffer ou de refroidir l’air entrant
- Efficace énergétiquement, grâce à la récupération de chaleur de l’air extrait
- Débits d’amenée et d’évacuation d’air régulables
- Filtrage de l’air entrant (utile quand l’environnement extérieur est pollué ou pour des occupants sensibles)
- Sans aérateur dans les châssis
Inconvénients
- Encombrement important pour les systèmes centralisés (ventilateurs et conduits), ce qui peut être un frein en rénovation
- Coûteux à l’installation et à l’entretien
- Nuisances sonores du ventilateur dans le logement pour les systèmes décentralisés
- Nécessite un entretien régulier par un professionnel

Comment intégrer la ventilation hygiénique dans les travaux de rénovation du logement ?
Les travaux de rénovation sont souvent réalisés en plusieurs phases étalées dans le temps et ne semblent pas toujours concerner la ventilation. Il est pourtant important d’étudier la ventilation de l’ensemble du logement avant le début des travaux car elle se conçoit globalement. Par exemple : penser au système d’amenée d’air lors du remplacement des châssis, envisager un système centralisé lors de la réfection d’une salle de bain…
Il s’agit de trouver le meilleur compromis entre les besoins (qualité d’air, confort thermique, confort acoustique…), les contraintes liées au bâti existant (espace disponible, présence d’éléments à caractère patrimonial, permis d’urbanisme…) et les possibilités liées aux délais et au budget des travaux. Pour garantir une bonne ventilation de toutes les pièces, l’intégration du système nécessite un travail sur mesure, un dimensionnement étudié et une exécution soignée.


Quels sont les débits pour assurer une bonne ventilation hygiénique de chaque pièce du logement ?
La norme NBN D50-001 prévoit des débits d’amenée et d’évacuation à calculer en fonction de la superficie des pièces. Ces débits sont étudiés pour assurer une bonne qualité de l’air, sans être excessifs afin d’éviter les courants d’air, le refroidissement des parois, la surconsommation d’énergie et l’assèchement de l’air. L’alimentation doit être assurée avec de l’air extérieur.
Débits suivant la NBN D50-001
| Débit nominal | Débit minimum | Débit max. | ||
|---|---|---|---|---|
| Amenée Locaux secs | Living | 3,6 m³/h.m² | 75 m³/h | 150 m³/h |
| Chambre, bureau, salle de jeux | 3,6 m³/h.m² | 25 m³/h | 36 m³/h/pers |
| Évacuation Locaux humides | Cuisine, salle de bain, buanderie et analogues | 3,6 m³/h.m² | 50 m³/h | 75 m³/h |
| Cuisine ouverte | 3,6 m³/h.m² | 75 m³/h | 75 m³/h | |
| WC | – | 25 m³/h | – |
Ouvertures de transfert
25 m3/h (70 cm2 pour une porte détalonnée)
sauf pour une cuisine fermée où il est de 50 m3/h (140 cm2)
Equilibrer les débits
Les pièces humides sont généralement plus petites que les pièces de vie. En calculant les débits suivant la norme, on obtient donc des débits plus faibles pour l’évacuation que pour l’amenée d’air. Or, pour garantir un renouvellement correct de l’air, les quantités d’air amenées et évacuées doivent être identiques, il est donc recommandé d’équilibrer les débits (équilibrage des débits recommandé par la NIT 258, note d’information technique de Buildwise).
On peut dès lors :
- augmenter le débit d’évacuation dans les espaces humides (augmenter la capacité du ventilateur pour les systèmes C et D, ou augmenter le diamètre des conduites d’extraction pour les systèmes A et B) ;
- placer des bouches d’évacuation supplémentaires dans les espaces non soumis aux exigences de ventilation (débarras, dressing…) ;
- placer des bouches d’évacuation supplémentaires dans les chambres à coucher pour le système C ;
- pour le système D, alimenter certains locaux secs au moyen d’air provenant d’autres Groupe de ventilation système D locaux, sous certaines conditions.
Réguler le système
Les débits selon la norme sont calculés indépendamment pour chaque espace d’un logement, pourtant ces espaces sont rarement tous occupés en même temps. La régulation permet d’ajuster les débits aux besoins réels des occupants et donc de réaliser des gains énergétiques.
Composantes naturelles des systèmes
Pour les composantes naturelles des systèmes, on adapte manuellement les débits en réglant les ouvertures d’alimentation (OAR) et / ou d’évacuation (OER) réglables entre la position fermée et la position ouverte. Il est aussi possible de prévoir des OAR et OER équipées d’un réglage électrique (télécommande par exemple).
Enfin, il existe des OAR et OER régulables automatiquement (via capteurs d’humidité par exemple).
Composantes mécaniques de systèmes
Pour les composantes mécaniques de systèmes, il existe de nombreuses possibilités d’adapter les débits : interrupteur 3 positions, horloge programmable, détection de CO², détection de vapeur d’eau… Quel que soit le système choisi, il doit permettre de maintenir une ventilation continue minimum. La régulation permet donc de réduire ou d’augmenter le débit de fonctionnement sans l’arrêter
complètement.
Une bonne régulation d’un système mécanique propose au moins 3 positions pour 3 débits différents :
- position haute : position de conception conforme à la norme, prévue lorsque les occupants sont présents et ont une activité importante ;
- position intermédiaire : prévue lorsque les occupants sont présents et ont une activité limitée ;
- position basse : prévue pour les périodes d’inoccupation des lieux (10 % à 20 % du débit de conception calculé selon la norme).
Risque d’assèchement de l’air
Le risque d’assèchement de l’air intérieur en hiver n’est pas lié au système de ventilation mais bien à une gestion inadéquate des débits.
En effet, l’air froid extérieur contient généralement moins d’humidité que l’air intérieur. Dès lors, plus le débit d’air provenant de l’extérieur est élevé, plus l’air intérieur s’assèche.


Pourquoi et quand entretenir son système de ventilation hygiénique ?
Tous les composants du système requièrent une inspection régulière afin de juger de leur encrassement éventuel. Cette inspection permet de déterminer si un entretien est nécessaire.
La facilité d’accès au système est donc primordiale pour assurer son inspection et un entretien aisé.
Surconsommation et risque de pollution de l’air intérieur
L’encrassement du système de ventilation occasionne une surconsommation et entraîne une réduction des débits qui augmente le risque de pollution de l’air intérieur. L’entretien régulier du système est donc essentiel.
De même, pour éviter un encrassement de l’intérieur des conduits, ceux-ci doivent être protégés pendant toute la durée du chantier, et le système de ventilation mis en route une fois celui-ci terminé.
| Composants du système | Fréquence d’inspection | Fréquence de nettoyage |
|---|---|---|
| Ouvertures d’alimentation, prises d’air, bouches Ouvertures d’évacuation naturelle | 3 mois | 1 an |
| Ventilateurs, échangeurs de chaleur | 1 an | 3 ans |
| Conduits (flexibles-rigides) y compris les conduits d’évacuation naturelle | 3 ans | 9 ans |
| Filtres (à remplacer tous les ans) | 1 mois | 3 mois |
- Le nettoyage des ouvertures d’alimentation naturelle, des filtres et des bouches peut être effectué par l’occupant lui-même.
- Le nettoyage des conduits requiert les compétences d’un homme de métier équipé du matériel adéquat. Il existe quelques sociétés spécialisées dans le nettoyage des systèmes de ventilation. L’idéal est de souscrire un contrat d’entretien auprès de l’installateur ou du fabricant.
Qu’est-ce que la ventilation intensive et comment l’appliquer au mieux ?
La ventilation intensive a pour but d’aérer momentanément les pièces par l’ouverture temporaire de portes et/ou de fenêtres. Elle permet un renouvellement important de l’air d’un local en cas de détérioration de sa qualité (surchauffe, pièce surpeuplée, odeurs de peinture…).
Selon la norme, les locaux secs (séjour, salle à manger, chambres…) doivent aussi disposer de fenêtres ou de portes donnant sur l’extérieur afin de permettre la ventilation intensive, en plus de la ventilation hygiénique.
Débits pour la ventilation intensive
La surface nette de la partie ouvrante des baies doit être au moins égale à :
- 6,4 % de la surface au sol en cas de ventilation unilatérale (fenêtres sur un côté uniquement) ;
- 3,2 % de la surface au sol en cas de ventilation transversale (fenêtres sur deux façades opposées).
Par exemple : si une chambre de 10 m² possède une seule fenêtre, l’ouverture utile de la fenêtre doit être au moins de 6,4 % de 10 m² = 0,64 m².

Les cuisines sont soumises à cette même obligation, mais si elles ne disposent pas de fenêtre, la ventilation intensive peut être assurée par un extracteur ou une hotte à extraction ayant un débit minimum de 200 m³/h.
Ventilation intensive en l’absence de système de ventilation hygiénique
La ventilation manuelle par l’ouverture des fenêtres est utile pour éliminer rapidement les polluants intérieurs mais elle ne permet pas d’assurer de façon constante un air de qualité pour plusieurs raisons :
- elle est intermittente, alors que l’émission de polluants se produit en permanence ;
- elle est inconfortable et énergivore en hiver si les fenêtres restent ouvertes ou entrouvertes sur de longues périodes. En effet, dans ce cas les débits d’amenée d’air sont importants et non contrôlés, et entraînent le refroidissement de la du bâtiment (sols, murs…) ;
- elle est dépendante de la bonne volonté des occupants.
En hiver
Dans les logements dépourvus de système de ventilation hygiénique, l’ouverture des fenêtres reste le seul moyen de renouveler l’air intérieur.
En hiver, pour éviter de refroidir les murs, il est préférable d’aérer en ouvrant régulièrement les fenêtres de courts moments plutôt que sur une longue durée.
Ventilation intensive nocturne
En été, un logement peut se trouver en surchauffe lors des périodes de fortes chaleurs prolongées. Ouvrir les fenêtres pendant la nuit lorsque la température extérieure est plus basse permet de refroidir la masse du bâtiment.
On parle alors de ventilation nocturne intensive ou « night-cooling ».
Cette action doit être combinée à l’utilisation de protections solaires extérieures en journée.
Quelles sont les réglementations de ventilation pour des travaux de rénovation ?
La réglementation Travaux PEB 2017
Si votre rénovation nécessite un permis d’urbanisme, vous serez soumis à la réglementation Travaux PEB (Performance Énergétique des Bâtiments) pour tous les locaux dont l’enveloppe est modifiée. Cette réglementation contient des exigences en ce qui concerne la ventilation hygiénique. Ces exigences sont basées sur la norme.
En rénovation, la réglementation Travaux PEB distingue les locaux rénovés de ceux qui sont nouvellement créés.
- Si des fenêtres sont remplacées dans un local existant, il faudra uniquement respecter les débits et les caractéristiques des amenées d’air.
- Si le local est nouvellement créé, il faudra respecter les débits et les caractéristiques des amenées d’air et des évacuations d’air.
Pour le calcul des débits, la réglementation PEB fait référence à la norme mais s’en distingue sur certains aspects:
- La réglementation PEB n’impose pas de limite de débits.
- Pour les locaux secs de type chambre, bureau et salle de jeux, le débit peut être limité à 72 m3/h.
- Lorsque des fenêtres sont remplacées ou ajoutées dans un local sec rénové, il est aussi possible de calculer le débit d’amenée d’air en fonction de la largeur de la fenêtre (45 m³/h par mètre courant de fenêtre).
Les caractéristiques des amenées et des évacuations d’air sont celles de la norme sauf pour la position minimale des ouvertures d’évacuation réglables (OER) : alors que la norme impose une ouverture qui permet le passage de 15 à 25 % du débit nominal, la PEB demande que ce débit ne dépasse pas 15 % (sous 50 Pa).
La PEB apporte également des recommandations complémentaires : placer les OAR et OER à 1,8 m au-dessus du sol et empêcher la pénétration d’animaux et d’eau de pluie.
En savoir plus
Pour plus d’informations, consultez le vade-mecum Travaux PEB 2017 disponible sur le site www.environnement.brussels.
Autres règlements
- Le Règlement Régional d’Urbanisme (RRU, concernant la ventilation, se référer au titre II, article 12. ) s’applique aux logements neufs ou modifiés soumis à permis d’urbanisme.
Il impose un dispositif de ventilation (naturelle ou mécanique) dans les cuisines, salles de bain et wc. Il s’agit d’une ventilation hygiénique telle que décrite dans la norme, bien que le RRU n’y fasse pas directement référence. - Le Code bruxellois du Logement s’applique aux logements mis en location. Il demande que les locaux soient ventilés au moyen d’une fenêtre ou d’un système de ventilation prévu par la norme.

Travaux de ventilation pouvant nécessiter un permis d’urbanisme
L’installation d’un système de ventilation peut en soi nécessiter l’introduction d’une demande de permis d’urbanisme. C’est le cas si les travaux engendrent une modification (même légère) visible depuis l’espace public. Par exemple : la pose de grilles dans les châssis ou dans les murs de la façade à rue, la pose d’un appareil de ventilation visible en façade à rue…
Conclusion
La ventilation n’est imposée par les réglementations (PEB, RRU, Code du Logement) que dans certains cas, à l’occasion de la demande d’un permis d’urbanisme ou de la mise en location. Cependant, il est primordial pour la santé des occupants et la salubrité du bâtiment d’assurer un air intérieur de qualité.
Il est donc vivement recommandé de suivre la norme même lorsque cela n’est pas imposé. Elle est la référence en termes de « bonnes pratiques » en matière de ventilation.
Les systèmes de ventilation hygiénique d’un logement sont-ils bruyants ?
Que le système soit naturel ou mécanique, la ventilation hygiénique peut engendrer des nuisances acoustiques importantes, aussi bien à l’intérieur du logement que pour le voisinage. En pratique, les systèmes trop bruyants finissent par être désactivés par les utilisateurs au détriment de la qualité de l’air. Pour chaque situation, il existe des solutions.
Il est donc essentiel de prendre en compte et d’étudier l’acoustique dès la conception du système.
Homegrade vous aide
Homegrade publie régulièrement des nouveaux conseils thématiques autour des éléments patrimoniaux bruxellois les plus courants (façades, vitraux, sgraffites, balcons, revêtements de sol, corniches, fenêtres, portes, ascenseurs anciens…) et du logement : rénovation (isolation, acoustique, sécurité & équipements, châssis, ventilation, chauffage, citerne, énergies renouvelables, économie circulaire…), copropriété, mitoyenneté, acquisition, location…
N’hésitez pas à consulter notre site web homegrade.brussels pour obtenir les réponses à vos questions. Si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez ou si vous souhaitez aller plus loin, contactez-nous directement par mail, téléphone ou via notre Point info.
Publications et liens utiles
- Informations et produits reconnus par la PEB pour les trois Régions : epbd.be
- Énergie+ : energieplus-lesite.be
- Guide du Bâtiment Durable : www.guidebatimentdurable.brussels
- Plus d’informations sur le logement, l’environnement, l’urbanisme, le patrimoine, les primes et les aides financières à Bruxelles :
Auteurs
Axelle Cowez
Églantine Daumerie
Hélène Dubois