Les matériaux de construction poreux (pierres naturelles, briques, mortiers, etc.) sont capillaires, c’est-à-dire qu’ils absorbent l’eau avec laquelle ils sont en contact : les murs contre terre ainsi que les dalles et les fondations anciennes peuvent donc s’humidifier.
Les bâtiments d’avant 1945, construits en maçonnerie pleine, poreuse, sont particulièrement touchés par ce problème. À partir de 1945, la mise en œuvre de membranes d’étanchéité au pied des murs et sous les dalles de sol ainsi que l’usage du béton limitent ce phénomène.
Les deux formes d’humidité par capillarité
On distingue deux types d’humidification des murs par capillarité :
- L’humidité ascensionnelle lorsque la migration de l’eau se produit du bas vers le haut par succion capillaire de l’humidité du sol.
- L’humidité latérale des murs contre terre lorsque les murs absorbent l’eau de la terre avec laquelle ils sont en contact.

- Niv. 1m50
- Rez-de-chaussée
- Extérieur
- Niv. terre
- Cave
- Humidité Latérale des murs contre-terre
- Humidité ascensionnelle
Le rôle de la nappe phréatique
La présence d’une nappe phréatique (nappe d’eau souterraine) à un niveau élevé favorise l’humidité ascensionnelle.
La profondeur de la nappe phréatique varie en fonction des conditions climatiques. En hiver, elle peut à certains endroits atteindre le niveau des caves.
La carte « Inondation aléa et risque » regroupe les zones à risques de remontée temporaire de la nappe phréatique, de débordement de cours d’eau et de refoulement d’égouts.
Pour en savoir plus : geodata.environnement.brussels
Quels sont les symptômes ?
Les symptomes sont des taches d’humidité, des écaillements et des boursouflures au niveau de la peinture, le gonflement des enduits, la détérioration des joints…
Lorsqu’il s’agit d’humidité ascensionnelle, les symptômes se limitent à une hauteur de 1 m à 1,5 m au-dessus du niveau des terres, sauf si les faces du mur sont étanches, auquel cas l’humidité peut monter plus haut.



Caves et humidité
Historiquement, les caves abritaient des espaces de stockage ou de chaufferie qui jouaient un rôle tampon en protégeant le logement de l’humidité du sol.
Si l’on conserve cette affectation et que les caves sont bien ventilées, la présence modérée d’humidité capillaire n’y est pas forcément problématique. Les réaffecter en logement change la donne : toute humidité doit alors impérativement être éliminée. Des interventions importantes peuvent s’imposer et faire gonfler le budget.
Comment remédier à l’humidité ascensionnelle ?
La solution est de créer une barrière d’étanchéité horizontale juste au-dessus du niveau des terres
Traitement par injections
Il s’agit de la technique la plus courante. La barrière étanche à l’eau est réalisée en introduisant un produit hydrophobe dans les murs, de préférence depuis l’intérieur.
En pratique, le plafonnage doit préalablement être décapé, des forages sont ensuite réalisés à intervalles réguliers dans la maçonnerie et le produit y est injecté. Il se répandra dans le mur.
Il existe plusieurs types de produits d’injection : liquides, en gel ou en crème. La composition devra être déterminée par un spécialiste en fonction de la nature de la brique et de sa porosité.


- Extérieur
- Rez-de-chaussée
- Injections
- Cave
- Revêtement étanche (optionnel)
- Humidité ascensionnelle
Points d’attention
La technique des injections fonctionne uniquement si le mur est poreux, donc en maçonnerie de brique ou de pierre. Elle ne fonctionne pas pour les murs en béton.
Il est vivement conseillé de faire appel à une société spécialisée dans le traitement par injection, qui utilise des produits munis d’un agrément technique (ATG) et respecte la Note d’information technique 252 de Buildwise. Ces travaux sont généralement garantis au minimum 20 ans.
Traitement par insertion d’une membrane d’étanchéité
La barrière étanche à l’eau est réalisée en insérant une membrane dans les murs.
La technique est aujourd’hui déconseillée. Elle nécessite l’intervention d’un ingénieur en stabilité pour un avis préalable et le suivi du chantier. En pratique, une saignée doit être réalisée dans la maçonnerie afin d’y insérer la membrane, ce qui impacte la stabilité du bâtiment (voire celle des bâtiments voisins).
Mesure complémentaire à la barrière horizontale
- Si le local est une cave et qu’une humidité modérée y est tolérée : on préférera une finition des murs perméable à la vapeur d’eau (brique apparente ou peinture à la chaux) associée à une bonne ventilation.
- Si le local est habitable : la partie de mur se trouvant sous le niveau des injections devra être étanchéifiée (voir chapitre suivant). Une bonne ventilation devra aussi y être assurée.
Comment remédier à l’humidité latérale des murs contre terre ?
La meilleure option consiste à réaliser l’étanchéisation de la face extérieure du mur enterré afin de le protéger. Si cela s’avère impossible, on optera pour une alternative par l’intérieur (cuvelage).
Étanchéisation de la face extérieure du mur
Il s’agit de placer côté extérieur du mur, une membrane résistante à l’humidité et à la pression de l’eau. Un drain est placé en pied de mur et relié au réseau d’égouttage.


- Extérieur
- Rez-de-chaussée
- Humidité des terres
- Cave
- Revêtement étanche
- Injections si humidité ascensionnelle
- Drain
Mesure complémentaire
La mise en œuvre d’une barrière horizontale (injections) en bas du mur peut s’avérer nécessaire pour éviter des remontées ascensionnelles.
Cuvelage intérieur
Il s’agit d’appliquer un revêtement étanche sur la face intérieure du mur.
Cette solution est utile lorsqu’il n’est pas possible d’intervenir depuis l’extérieur mais moins performante puisqu’elle n’empêche pas le mur d’absorber l’eau.
La technique consiste généralement en l’application d’un cimentage hydrophobe.
En cas de ruissellement d’eau sur les murs, on optera pour la pose de membranes étanches éventuellement complétées par un drain intérieur relié au réseau d’égouttage.
Lorsque le niveau des égouts est trop élevé, une pompe de relevage devra être placée.

- Extérieur
- Rez-de-chaussée
- Injections
- Humidité des terres
- Cave
- Cuvelage
Mesure complémentaire
En bloquant l’évaporation de l’humidité du mur vers le local, le cuvelage peut favoriser les remontées ascensionnelles. Pour éviter des dégradations au niveau supérieur du bâtiment, la mise en œuvre d’une barrière horizontale (injections) s’avère souvent nécessaire.
Bon à savoir sur la garantie du cuvelage
Cette technique, qui doit être réalisée par une société spécialisée, ne garantit généralement l’ouvrage que pour une période de 10 ans.
Après un traitement contre l’humidité capillaire, il arrive que des dégradations persistent : taches, efflorescences… Si une finition esthétique du mur est recherchée, par exemple si le local est habitable, une analyse de la présence de sels doit alors être effectuée et un traitement complémentaire pour neutraliser ces sels pourra être réalisé (voir chapitre suivant).
Humidité capillaire – Outils d’aide au diagnostic

L’usage d’un humidimètre (voir chapitre précédent « Infiltrations ») permettra de définir le niveau de l’humidité.