Le phénomène de condensation est un problème fréquent dans les habitations.
L’air contient naturellement de la vapeur d’eau, et les activités quotidiennes des occupants en génèrent aussi une quantité importante (préparation des repas, prise de douches, simplement transpiration et respiration). À titre d’exemple, un ménage de quatre personnes produit minimum 10 litres de vapeur d’eau par jour.
Si cette vapeur d’eau n’est pas évacuée suffisamment rapidement, elle risque de se condenser au contact des surfaces froides, passant ainsi de l’état gazeux à l’état de gouttelettes.
Lorsque la condensation se forme en surface d’un élément (sur un linteau, un simple vitrage, les angles de baies, par exemple), il s’agit de condensation superficielle.
La condensation peut également survenir à l’intérieur d’une paroi constituée de plusieurs matériaux (un mur isolé, par exemple) : on parle alors de condensation interne.
La condensation est l’une des principales causes de développement de moisissures.
Comprendre le phénomène
La quantité de vapeur d’eau que l’air peut contenir varie en fonction de sa température. Il s’agit de l’humidité relative (HR). Plus l’air est froid, moins il est capable de contenir de vapeur d’eau.
Le point de rosée est la température à laquelle la vapeur d’eau contenue dans l’air se condense et se transforme en gouttelettes. Le diagramme de Mollier permet de déterminer ce point de rosée.
Dans un local où la température ambiante est de 20° et l’humidité relative de l’air de 50 %, le point de rosée est de 10°. C’est-à-dire que si une paroi a une température de surface de 10° (mur froid, linteau de fenêtre…), l’air en contact avec cette paroi se refroidit et ne peut plus contenir autant de vapeur d’eau : il y a condensation.
Pour la même température ambiante mais une humidité relative de l’air plus importante, de 70 %, il y a déjà condensation avec une paroi dont la température de surface est de 14°.

Quels sont les symptômes ?
La condensation superficielle
Elle se manifeste par l’apparition de moisissures, la dégradation des enduits et peintures, le pourrissement d’éléments en bois comme les châssis.
Sur les éléments métalliques comme les poutrelles, une condensation superficielle prolongée peut entrainer le développement de rouille et un vieillissement prématuré.
Ces symptômes apparaissent dans des locaux où l’air est trop chargé en vapeur d’eau et où les surfaces des parois sont froides. Par exemple :
- Au plafond ou dans les angles de murs (ponts thermiques) des salles de bains et buanderies.
- Dans les chambres autour des châssis de fenêtres (ponts thermiques).
- Dans les séjours si les occupants sont nombreux.
- Dans les caves dans certains cas en été, lorsque l’air extérieur est chaud et humide mais que les parois du local restent fraiches et que le point de rosée est atteint.


La condensation interne
À la différence de la condensation superficielle, la condensation interne n’entraine pas de symptômes directement visibles puisqu’elle se produit à l’intérieur d’une paroi composite.
Pourtant, la présence d’humidité dans une paroi est à proscrire puisqu’elle peut dégrader les matériaux et ainsi impacter la stabilité du bâtiment, affaiblir les performances des isolants, entrainer le développement de moisissures cachées, etc.
Comment y remédier ?
Remédier au problème demande de s’attaquer à deux aspects : réduire le taux d’humidité relative de l’air et augmenter la température des parois.
Réduire le taux d’humidité relative de l’air.
Un taux d’humidité relative situé entre 40 et 60 % est conseillé. Au-delà, l’air est humide et le risque de condensation est favorisé. Ce taux peut facilement être surveillé au moyen d’un hygromètre disponible dans le commerce (cf. cadre page suivante).
- Aérer les locaux : ouvrir les fenêtres au moins 2 fois par jour pendant 15 min contribue à évacuer l’humidité du logement. On aérera essentiellement après chaque action produisant de la vapeur d’eau (douche, préparation des repas, etc.), mais aussi le matin après avoir dormi dans une chambre fermée, la respiration produisant une quantité non négligeable de vapeur d’eau.
- Limiter la production de vapeur d’eau dans le logement : en utilisant une hotte aspirante et en évitant de sécher le linge à l’intérieur.
- Mettre en place un système de ventilation efficace : en complément de l’aération, la ventilation contrôlée permet d’évacuer l’humidité de l’air grâce à un bon renouvellement d’air en continu. Un système complet comprend l’extraction en continu de l’air des pièces humides (salle de bain, buanderie, cuisine, toilette) et l’amenée d’air neuf dans les locaux secs (bureaux, chambre, séjour…).


Pour en savoir plus, consultez notre brochure « Ventilation d’une habitation en rénovation » disponible sur le site de Homegrade.
Ventilation d’une habitation en rénovation
Augmenter la température des parois
Idéalement, la température de surface des parois ne devrait pas descendre sous 17,5°. À cette température, le risque de condensation est limité même lorsque l’air se charge en humidité. Pour y parvenir, l’idéal est d’isoler les murs par l’extérieur.
Pour en savoir plus, consultez notre brochure « Isoler les façades par l’extérieur – Principes et techniques », disponible sur le site de Homegrade.
Isoler les façades par l’extérieur – principes et techniques
En cas de condensation, il est important de chauffer suffisamment de sorte à augmenter la température de la pièce et celle des parois.
isoler sans oublier de ventiler
Lors de travaux d’isolation, il est essentiel d’inclure une réflexion surla ventilation afin d’éviter l’apparition ou l’accentuation de condensation.
Un exemple courant est le développement de moisissures autour des baies à la suite d’un remplacement de châssis simple vitrage par de nouveaux châssis munis de double ou triple vitrage. Le vitrage n’étant plus la paroi la plus froide, la condensation qui se produisait jusqu’alors sur ce vitrage se déplace sur les autres parois froides.
Pour y remédier, on prévoira des aérateurs intégrés aux châssis des locaux secs et un extracteur d’air dans les locaux humides, ou bienon optera pour un système de ventilation double flux.
Condensation – Outils d’aide au diagnostic
L’hygromètre
Il permet de mesurer l’humidité relative de l’air (en pourcentage).
Très pratiques pour les particuliers, les hygromètres numériques mobiles intègrent un thermomètre.
En affichant la température et le taux d’humidité de l’air, ils facilitent la surveillance du climat intérieur.
Le thermomètre – hygromètre infrarouge
Il combine un thermomètre, un capteur de température de paroi à distance et un affichage du point de rosée.
Il permet de mesurer la température d’une surface et de vérifier le risque de condensation. La mesure infrarouge pouvant se faire à distance, cet outil est aussi adapté aux endroits inaccessibles (plafond, angles des murs, etc.).
La caméra thermique
Utilisée par les professionnels, elle capte le rayonnement infrarouge émis par les objets, donc leur température, qu’elle restitue sous forme de couleurs. Elle permet de détecter les zones froides, moins ou pas isolées, et de localiser les risques de condensation. C’est un outil coûteux, qui requiert une formation.


